À propos de Maktaba Al Ifadah
Je suis une sœur qui a fait la hijra au Caire il y a maintenant quatre ans, animée par un désir sincère : apprendre, me rapprocher du savoir et donner un sens plus profond à mon quotidien.
Comme beaucoup, j’ai commencé avec enthousiasme. J’ai étudié rapidement au markaz Al Ibanah, portée par l’élan des débuts, l’envie d’avancer, de comprendre, de maîtriser la langue arabe. Mais malgré cette motivation, mon parcours n’a pas été linéaire. Pour diverses raisons, je n’ai malheureusement pas pu continuer comme je l’aurais souhaité. Ce premier arrêt a laissé derrière lui une impression d’inachevé, même si je ne la comprenais pas encore pleinement.
Par la suite, j’ai quitté l’Égypte pour m’installer à Médine. C’était un changement majeur, autant sur le plan personnel que spirituel. Médine est une ville bénie, apaisante, propice à la spiritualité. Pourtant, c’est précisément là-bas que quelque chose s’est révélé à moi : malgré le cadre exceptionnel, je ressentais un manque. Un sentiment de non-accomplissement s’est peu à peu installé. J’avais le sentiment d’être passée à côté d’un apprentissage fondamental.
Avec le recul, une évidence s’est imposée : l’Égypte est un pays exceptionnel pour un apprentissage complet, structuré et approfondi de la langue arabe. L’immersion, les méthodes, l’environnement académique… tout y concourt. J’ai alors pris une décision lourde de sens : sacrifier mon quotidien, mon confort et mon foyer à Médine pour retourner une année en Égypte, avec un objectif clair cette fois-ci : terminer le markaz Al Ibanah.
Ce retour n’était pas un simple déplacement géographique. C’était un retour vers une intention première, vers une discipline, vers une rigueur que j’avais laissée de côté. En montant progressivement dans les niveaux, en accumulant les cours, les règles, le vocabulaire, j’ai pris conscience d’une difficulté partagée par beaucoup d’étudiants : le manque de supports clairs, structurés, pensés pour accompagner réellement l’apprentissage au quotidien.
C’est à ce moment précis que l’idée de Maktaba Al Ifadah a commencé à germer. Pas comme un projet commercial, mais comme une nécessité personnelle. J’ai commencé à organiser mes notes, à classer le vocabulaire, à structurer les notions que j’apprenais. Ce travail personnel s’est naturellement transformé en un désir plus large : mettre ces ressources à disposition d’autres étudiants, en particulier ceux qui débutent ou qui se sentent perdus face à la quantité d’informations.
Le premier fruit de cette réflexion a été l’eBook Al-Mufradāt. Un outil pensé pour accompagner l’étudiant dans la durée, l’aider à mémoriser, à revoir, à consolider. Mais ce n’est qu’un début. À travers Maktaba Al Ifadah, j’aspire à développer d’autres ressources, toujours dans cette même logique de clarté et d’utilité, avec une ambition qui me tient particulièrement à cœur : proposer des versions papier. Des supports concrets, durables, que l’on peut annoter, transporter et intégrer pleinement à son parcours d’apprentissage.